Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

Violences sexuelles envers les femmes en Algérie

Publié le 15 Décembre 2014 par LADDH CHLEF in amnesty

Amnesty International interpelle les pouvoirs publics

L’organisation de défense des droits humains demande aux trois États maghrébins de se doter d’un cadre législatif et réglementaire de lutte contre les violences sexuelles.

Le ministère de la Justice a été destinataire d’une pétition contre les violences sexuelles envers les femmes, initiée par Amnesty International (AI), dans trois pays du Maghreb : l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. C’est le 10 décembre dernier, Journée internationale des droits de l’Homme, que la section Algérie de l’ONG a rencontré le conseiller du ministre de la Justice, Hamed-Abdelouahab Ahmed, et lui a remis ledit document, qui réclame la protection des femmes et des jeunes filles ayant subi des violences sexuelles au Maghreb.


Cette pétition, signée actuellement par quelque 200 000 personnes (elle est toujours en ligne sur le site d’AI), a été transmise aux autorités tunisiennes, le 18 novembre et aux autorités marocaines, le 25 novembre. L’organisation de défense des droits humains demande aux trois États maghrébins de se doter d’un cadre législatif et réglementaire de lutte contre les violences sexuelles et de prendre les mesures nécessaires pour faciliter l’accès des victimes à un soutien médical adéquat et aussi à des voies de recours judiciaires, selon un communiqué d’AI.
En agissant de la sorte, l’ONG est en train de concrétiser ses promesses relatives à la rédaction et à l’envoi de pétitions aux autorités compétentes. Elle fait écho également à un constat, établi le 25 novembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Concernant notre pays, AI a, pour rappel, révélé que la législation algérienne ne protège pas assez les victimes des violences sexuelles.


Selon elle, même si les mesures adoptées par les autorités nationales “constituent des pas positifs”, il n’en demeure pas moins que ces mêmes autorités “ont fait preuve d’une attitude tout au mieux sélective, voire purement symbolique, dans leur façon de traiter la violence sexuelle et la violence liée au genre”.


D’ailleurs, l’ONG a observé, dans son rapport, que “le conflit interne et une vague d’agressions contre des femmes en 2001” ont mis en lumière la réalité de la violence sexuelle en Algérie, en signalant notamment les violences subies, en 2001, par des femmes travaillant à Hassi-Messaoud. Par ailleurs, AI est revenue sur les violences subies par les Algériennes, durant les années 1990.


Aussi, elle a estimé que le décret 14-26 portant indemnisation des femmes violées par des membres de groupes armés “ne résout pas entièrement le problème du legs lié aux violences sexuelles perpétrées pendant le conflit”, tout en se demandant dans le même temps comment un tel décret sera mis en œuvre dans la pratique. L’ONG a, en outre, évoqué d’autres lacunes contenues dans le projet de loi relatif à l’amendement du code pénal visant à renforcer la lutte contre la violence faite aux femmes et dans celui sur la mise en place d’un fonds destiné aux femmes divorcées ayant la garde des enfants et dont l’ex-époux ne peut ou ne veut pas verser une pension alimentaire.


Dans ce cadre, AI a invité les autorités algériennes à adopter une approche globale garantissant la protection des femmes et des filles des risques de violence sexuelle, en appuyant leur accès approprié aux services dont elles ont besoin, notamment une aide juridique, des services de santé et un soutien psychosocial.


Avec la pétition, l’ONG a réitéré sa demande quant à la nécessité de promulguer une loi exhaustive pour prévenir, punir et mettre un terme à la violence sexuelle, en Algérie et dans les deux pays voisins.

Source : Liberté par H.A

Commenter cet article