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La LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie : « Ce qui se passe au Sud du pays est très grave »

Publié le 9 Décembre 2014 par LADDH CHLEF in amnesty

Amnesty
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Peut-on parler d’une dégradation de la situation des droits de l’Homme en Algérie ?

C’est difficile de répondre à cette question car il faudrait comparer la situation d’aujourd’hui à celle qui prévalait à une date précise. Cependant, Amnesty International n’a pas noté d’améliorations significatives dans un seul domaine : les libertés fondamentales sont toujours réprimées et un certain nombre de défenseurs des droits de l’Homme sont harcelés, pas d’approche globale concernant les discriminations et violences sexuelles à l’encontre des femmes, l’État algérien n’a pas aboli la peine de mort, pas de vérité et justice pour les victimes durant la Décennie noire. Alors que le gouvernement s’était engagé à entreprendre des réformes dans le domaine des droits humains lors de son élection au sein du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Mais surtout, ce qui se passe à Ghardaïa, à Touggourt et plus généralement au Sud du pays est très grave et très préoccupant pour nous ; nous suivons très attentivement même si nous n’avons pas encore pris de position publique. Dans cette région du pays, on peut dire qu’il y a une très forte dégradation de la situation des droits humains et des communautés qui vivaient ensemble sont actuellement non seulement divisées mais sont rentrées dans un cercle de violence, Des manifestations sont réprimées et il ne semble pas qu’il y a eu ouverture d’un dialogue. Dans cette région, on entend plusieurs interprétations des événements. La répression disproportionnée n’est qu’un facteur supplémentaire qui aggrave la violence.

Y a-t-il des cas précis des violations des droits de l’Homme en Algérie ?

Au cours de ces derniers mois, nous avons sorti plusieurs communiqués de presse ou déclarations relatives aux défenseurs des droits humains et le droit de manifester. Ces libertés fondamentales sont importantes pour que la société civile puisse jouer son rôle de contre-pouvoir et soit un partenaire dans les différents domaines sans aucune exclusion pour les droits civils et politiques ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels.

Avez-vous pris connaissance d’arrestations ou d’interdictions de sortie de territoire qui ne sont pas établies par la justice?

Non.

Que pensez-vous de l’installation des caméras dans les commissariats?

L’installation de caméras dans les commissariats constitue déjà un message positif. C’est une bonne mesure préventive contre tout risque de mauvais traitement. Toutes les cellules seront filmées et les policiers sauront qu’ils sont filmés. Chose qui permettra de réduire sensiblement les risques de mauvais traitements des personnes arrêtées. Cette mesure positive existe dans un grand nombre de pays.

Quelles sont les conséquences de l’immunité accordée aux membres des forces de sécurité et des milices armées auteurs de graves violations des droits humains durant la Décennie noire ?

Amnesty demande des enquêtes et des procès équitables car il est important de rétablir la vérité concernant cette partie sombre de notre histoire. Le fait qu’il n’y ait pas eu cette recherche de vérité veut dire que tous les auteurs des violations continuent à vivre en toute impunité. C’est un message très négatif qu’on envoie et veut dire que ce qui s’est passé peut recommencer demain.

La section algérienne d’Amnesty International n’a toujours pas obtenu l’agrément un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les associations…

Justement, les associations se heurtent à de réelles difficultés pour pouvoir travailler en toute sérénité. Un certain nombre d’entre elles ont effectué la mise en conformité exigée par la nouvelle loi sur les associations et n’ont toujours pas reçu de réponse positive ou négative. Nous notons que l’État ne respecte pas la nouvelle loi …..

La section a entrepris plusieurs démarches auprès du ministère de l’Intérieur pour clarifier sa situation légale et nous n’avons toujours pas eu de réponse après pratiquement une année de mise en application de la nouvelle loi d’association en janvier 2015. L’État n’a pas vraiment respecté ses engagements et ne donne pas le bon exemple de respect des lois nationales.

Source : TSA par Hadjer Guenanfa

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