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La LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

Migrants: Amnesty veut en finir avec la «forteresse» Europe

Publié le 9 Juillet 2014 par LADDH CHLEF in amnesty

Migrants: Amnesty veut en finir avec la «forteresse» Europe

Dans un rapport publié ce mercredi, Amnesty International dénonce la politique européenne en matière d'immigration qui pousse les réfugiés politiques à emprunter la dangereuse voie maritime, souvent au péril de leur vie. L'organisation en appelle à François Hollande.

23.000 réfugiés morts en tentant de pénétrer l'Union européenne en quinze ans. C'est ce chiffre colossal qu'avance Amnesty International dans un rapport publié aujourd'hui sur les migrants fuyant les zones de conflits. Devant la difficulté croissante de rejoindre l'Europe par la voie terrestre, les réfugiés prennent de plus en plus souvent les routes maritimes, plus dangereuses, vers la Grèce et vers l'Italie, et des centaines de personnes meurent en mer chaque année, souligne Amnesty. Ainsi, durant les six premiers mois de l'année, «plus de 200 personnes» ont trouvé la mort en Méditerranée. «Des centaines d'autres sont portées disparues et pourraient avoir péri elles aussi», précise l'ONG. Depuis 2000, Amnesty donne le chiffre d'«au moins 23.000 morts».

«La responsabilité de la mort de celles et ceux qui essaient de rejoindre l'UE est collective», affirme Amnesty International, en appelant les États membres à suivre l'exemple de l'Italie, qui, après le drame de Lampedusa en octobre 2013, a mis en place l'opération de sauvetage Mare Nostrum. L'ONG fait ainsi état d'un grave incident en février 2014 au large de l'enclave de Ceuta, quand la police espagnole avait tiré des balles à blanc et des gaz lacrymogènes contre des migrants qui arrivaient à la nage du Maroc. Quatorze personnes avaient perdu la vie, et 23 autres qui avaient réussi à gagner le rivage avaient été immédiatement renvoyées.

Dans son rapport, l'organisation de défense des droits de l'homme affirme que «les politiques de l'UE en matière d'immigration et ses pratiques de contrôle aux frontières empêchent des réfugiés d'accéder à la procédure d'asile en Europe, et mettent en danger la vie de toutes ces personnes, qui entreprennent des voyages de plus en plus dangereux». Entre 2007 et 2013, l'Union européenne a consacré plus de 1,8 milliard d'euros à la protection de ses frontières externes, mais seulement 700 millions à l'amélioration de la situation des demandeurs d'asile et des réfugiés sur son territoire, dénonce l'organisation. Par ailleurs, l'UE et les États membres apportent à des pays voisins tels que la Turquie, le Maroc et la Libye leur coopération et un soutien financier pour la création d'une «zone tampon» autour de l'Union, dans l'objectif de «bloquer les migrants et les réfugiés avant même qu'ils n'atteignent les frontières de l'Europe», dénonce Amnesty.

Aussi, l'ONG accuse les pays européens de «fermer les yeux» sur les violations des droits de l'homme dont ils sont victimes les migrants. Selon Amnesty, «près de la moitié des personnes qui essaient de pénétrer irrégulièrement sur le territoire de l'UE fuient des situations de conflit dans des pays comme la Syrie, l'Afghanistan, l'Érythrée ou la Somalie». Ceux qui parviennent à gagner les frontières européennes risquent d'être immédiatement refoulés. Amnesty International a recensé des cas de renvoi sommaire par la Bulgarie et la Grèce, où cette pratique est «très répandue», en violation du droit d'asile. «Des garde-côtes et des garde-frontières maltraitent des personnes se présentant aux frontières européennes: tirs à balles réelles ou en caoutchouc, coups et blessures, privation de liberté, vols de documents et d'affaires personnelles…», rapporte l'ONG sur son site Internet. Selon Amnesty, «les morts en mer ne sont pas inévitables. Des solutions existent. Des opérations coordonnées de sauvetage en mer doivent être mises en place à l'échelle de l'UE».

Ce rapport est publié au lendemain d'une réunion des ministres européens de l'Intérieur, dont une majorité refusent de modifier les règles d'asile. Sur son site Internet, Amnesty International s'est adressée au président de la République, François Hollande, l'appelant à «protéger les vies et les droits aux frontières européennes».

«La France n'a pas relayé nos recommandations lors des récentes discussions au niveau de l'UE. Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis fin juin, ont décidé de ne rien changer véritablement dans leurs choix politiques», peut-on lire sur le site de l'ONG. «C'est désormais au président de la République, François Hollande, que nous devons nous adresser. Il représente la France lors des discussions de haut niveau avec les autres responsables des États de l'Union européenne. Nous devons montrer que nous sommes nombreux à ne pas vouloir faire de l'Europe une forteresse, ni de nos frontières des lieux de mort, de blessures et de souffrances.»

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